LA SOLITUDE DE PANDORA

Création 1995
Théâtre

Mise en scène, son, texte et décor Jean-Michel Rivinoff

Avec Christine Olivo

Lumière Léo Vancustem

Costumes Christine Olivo

Crédit photos Compagnie la lune blanche

Pandora est double, chaire et argile, femme et créature divine, autonome pour les hommes et ficelée par les dieux, porteuse de dons les plus attrayants et semeuse de maux les plus effrayants. La réalité mythique de Pandora se dissout dans l’imaginaire des hommes et ressort dans leurs fantasmes ou dans une quête de sens. Dans Pandore de Goethe, elle est dans chaque mot, elle déclenche l’action, devient la peur ou le rêve des hommes, mais elle n’apparaît jamais. La Pandora de Nerval est une artiste lyrique (le chant des sirènes peut-être ?) avec qui le narrateur vit un amour non pas impossible mais sans aboutissement. Dans Pandora de Bailly, c’est une « revenante » au sens propre puisque effectivement, sortie de la légende, elle revient sur Terre. Elle est la proie du doute et cette fois-ci la boîte est vide. À la fin Pandora meurt et retourne définitivement à la légende. À chaque fois ce personnage de théâtre, plus qu’une tentation, est une illusion.

Le texte se compose d’un texte original dans lequel ont été modelés et incrustés des extraits au service d’une cohérence (Goethe, Rilke, Machado de Assis, Jim Morrisson et Rimbaud). C’est une poésie libre, sans appui, sans même le désir d’y voir quelque chose de précis. Monologue fragmenté aux grés des souvenirs…troué de silence et d’oubli

Durant toute la période de travail, nous nous sommes appuyés sur des sculptures et des peintures ayant pour sujet la femme du plus lointain jusqu’à nos jours. Nous avons cherché dans chacune d’elles l’empreinte du souffle de la vie. Immobiles, elles s’animent parce qu’elles nous animent. Sous la pierre ou le pigment, il y a l’homme mais pas l’homme face à lui-même, plutôt l’homme en rapport avec le monde qui l’entoure qu’il soit réel ou occulte. Certaines de ces représentations ont été sélectionnées, puis reproduite par la comédienne/ danseuse. Elles sont devenues la colonne vertébrale autour de laquelle la mise en scène s’est construite. Elles révèlent la parole et paradoxalement renvoient au mystère.

Production Compagnie la lune blanche

Création à la salle Jean Jaurès à Fontaine, les 6,7 et 8 avril 1995

Diffusion à Brindas et Lyon